Les trois erreurs à éviter en communication interpersonnelle

J’ai récemment commencé un nouveau travail, comme Coach Formateur en méthodologie de vente. A travers cette nouvelle posture professionnelle, je suis sans cesse confronté à des profils de personnalité différents. Et j’ai constaté – plus que jamais – à quel point il est essentiel de maîtriser la façon dont on communique avec autrui.

Devenir un bon communiquant, c’est un travail sérieux. Il ne suffit pas d’avoir de la répartie, du charisme ou de l’éloquence pour prétendre être orateur de qualité. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des règles très simples à respecter pour progresser rapidement, et c’est le défi que je vous lance aujourd’hui.

Mais alors, pourquoi est-ce important d’apprendre à devenir un bon communicant ? Pour mille et une bonnes raisons. Pour aider autrui, par exemple, car en améliorant son écoute on va comprendre et résoudre des problèmes plus rapidement, ou encore identifier les leviers clés chez une personne pour la tirer vers le haut.

Cela permet aussi d’éviter les débats stériles, de ne pas rentrer tête baissée dans des conflits qui sont possibles à éviter, de se faire écouter et respecter… Bref. La liste est longue alors commençons sans plus tarder !

Aujourd’hui nous allons poser les règles de bases à respecter pour devenir un bon communicant. En effet, il y a trois erreurs à éviter impérativement lorsque vous communiquez avec une ou plusieurs personnes, que ce soit oralement ou par écrit.

L’objectif de ce billet est de vous présenter les erreurs et leurs principales caractéristiques pour les reconnaître. L’idée serait qu’à terme, vous sachiez les déceler chez les autres et éviter de les commettre.

Comme le disait (mal) ma grand-mère :

Tourne toujours sept fois la langue dans ta bouche avant de parler, cela t’évitera de dire des sottises !

Merci pour tes conseils Mamie 

Première erreur à éviter : la Généralisation

Souvent associée aux propos racistes, la généralisation s’applique en fait à des thématiques bien plus vastes. Pour simplifier la chose, généraliser c’est avoir des « vérités d’ensemble ». On propose une idée qui va en englober d’autres, qui va recouvrir d’autres sujets en prenant des raccourcis.

L’idée c’est de traiter un ensemble (de gens, de concepts, d’idées, etc.) en négligeant les différences et les détails pour les considérer comme similaires et comparables. On applique un genre de modèle reproductible comme si chaque chose était comparable.

Par exemple :

« Tous les banquiers sont des escrocs » ; « Ça ne sert vraiment à rien les ostéopathes, j’ai fait une séance la semaine dernière et ça n’a pas du tout marché » ; « Je dois toujours être sur le qui-vive avec celui-là » ; « C’est toujours pareil avec les chinois, on leur donne la main ils vous prennent le bras ! »

Vous saisissez le problème ?  

Généraliser des idées de façon aussi grotesque, c’est faire preuve d’un manque de recul et/ou de connaissances. De plus, c’est dangereux de généraliser sa pensée car cela limite le champ de possibles et tend à créer des croyances limitantes, pour vous et pour vos interlocuteurs.

NB : pour ceux qui ne sont pas familiers avec la notion, cliquez ici pour découvrir mon article sur les croyances limitantes.

Deux personnes échange et créer des idées

Retenez ceci : lorsque l’on généralise ses propos, on appauvrit son discours.

C’est malheureusement assez facile de commettre cette erreur. Dès lors que l’on a vécu des expériences répétées, on construit un schéma de pensée et on rassemble tout le monde dans un même sac.

On va distinguer deux types de généralisation, qu’il faut apprendre à identifier.

  • Un vocabulaire ou un champ lexical qui généralise avec excès : votre interlocuteur va employer des mots comme : jamais, toujours, tout, tous, personne, chaque fois, etc.

Exemple : « Personne ne me respecte dans ma famille » ou encore « II ne m’écoute jamais quand il rentre du travail »

  • L’utilisation de tournures de type : je dois, je suis obligé de, il faut que, il est nécessaire, c’est obligatoire, etc.

Exemple : « Je dois penser à tout à la maison » ou encore « C’est mal de manger de la viande » (oups)

Pistes de réponses : la bonne nouvelle, c’est qu’il est extrêmement aisé de contre-argumenter face à des propos pareils. Dans les deux scénarios, il y a plusieurs façons de procéder pour faire remarquer à l’autre son raccourci : soit on accentue l’exagération pour souligner son caractère absurde, soit on cherche un contre-exemple !

Deuxième erreur à éviter : l’Omission

L’omission, c’est le fait de laisser de côté des parties de l’information (volontairement ou non). On ne donne l’information que partiellement, ce qui laisse place à l’interprétation ou donne un rendu incomplet.

Cette deuxième erreur est la préférée de nos chers médias (re-oups). Elle est plus insidieuse encore que la première dans le sens où la généralisation est souvent un processus inconscient, alors qu’avec l’omission… On a vite fait de tomber dans le mensonge !

Là encore, cette erreur est importante car elle peut totalement induire votre interlocuteur en erreur sur le sens de vos propos. L’omission peut en outre prendre de nombreuses formes qui la rendent parfois difficile à déceler, ainsi on ne se rend pas nécessairement compte qu’il manque des informations dans le message que l’on reçoit.

Voici trois exemples de formes que peu prendre l’omission :

  • On ne définit pas clairement les sujets concernés :
    • « C’est important »  –> qu’est-ce qui est important ?
    • « On pense que… » –> qui pense que… ?
  • On omet une information nécessaire pour comprendre le sens de la phrase :
    • « Je ne suis pas d’accord » –> sur quoi ? avec qui ?
    • « Je suis dégoûté » –> de quoi ? par qui ? depuis quand ?
  • On ne précise pas la deuxième partie d’une comparaison :
    • « C’est une meilleure idée » –> meilleure que quoi ? Par rapport à quoi ?
    • « Il est plus à l’aise » –> plus à l’aise que qui, depuis quand ?

Pistes de réponses : utilisez un questionnement ouvert ! Soyez exigent sur les détails et demandez des précisions d’informations, des compléments qui vont pousser l’interlocuteur à rectifier son message ou à dévoiler la totalité de son idée.

deux hommes complètes un puzzle verbale

La troisième erreur à éviter : la Distorsion

En communication, la distorsion est le fait de mener des raisonnements erronés. En quelque sorte, c’est une déviation entre les faits, une situation réelle et l’interprétation que nous en faisons.

Une fois encore, une distorsion peut être volontaire, ou non. Dans tous les cas, elle constitue une entrave au dialogue car elle va transmettre des informations erronées, corrompues, qui peuvent totalement changer le sens d’un message, ou (une fois encore) faire de grands raccourcis.

J’ai trouvé cet article sur les distorsions très complet, si vous souhaitez une lecture complémentaire sur ce thème. Personnellement, comme je fais ici un travail de synthèse d’information, j’ai cru bon de regrouper les différentes distorsions en trois familles :

  • Les liens de cause à effet / amalgames :
    • Il ne m’a pas dit bonjour (!), il a une dent contre moi
    • Il m’a regardé bizarrement, il me cache quelque chose
  • Les présuppositions :
    • Il ne va pas y mettre tout son cœur
    • Elle n’a pas le cran pour ça
  • Les lectures de pensée / interprétations :
    • Je sais qu’elle n’acceptera pas mon offre.
    • Ce gars là ne peut pas me sentir, ça se voit tout de suite.

Vous l’aurez compris, le phénomène de distorsion établit à tort un rapport entre deux événements/faits. C’est aussi à travers mécanisme que ce manifeste un bon nombre de croyances limitantes, car le processus de présuppositions et directement en lien avec vos freins psychologiques.

Pistes de réponses : dans le premier cas, on peut essayer de faire prendre conscience à notre interlocuteur de cette relation de cause à effet, et démontrer qu’elle n’est pas nécessairement absolue.

Dans le deuxième cas, l’important est d’identifier l’intention derrière le message. Quelle croyance, quel sentiment le pousse à anticiper les choses comme cela ?

Enfin, dans le troisième cas, il suffit simplement de rationaliser le dialogue en ramenant le discours sur des faits, des éléments concrets.

En résumé

« Cette route de montagne est dangereuse » est faux.  C’est une distorsion, car la route n’est pas dangereuse en elle-même. En revanche conduire sur cette route trop rapidement, dans le brouillard, ou en ayant bu, peut-être effectivement dangereux.

Maintenant si je dis « toutes les routes de montagne sont dangereuses… », je fais ressortir un schéma récurent, une loi, donc je fais une généralisation.

Enfin si je dis « ça ne peut plus durer sur cette route » je suis dans le registre de l’omission, car je n’indique pas clairement de quoi je parle et je laisse le soin à mon interlocuteur d’interpréter les message à sa guise.

C’est clair pour vous ?

 

 

+1 pour ceux qui ont vu l’omission.

Moyen mnémotechnique : le GOD

(« God » = dieu en anglais, pour les bons français)

Ne vous prenez pas pour Dieu ! GOD : La loi de communication divine ! Les trois erreurs à éviter gravées sur des tablettes de marbres ! Et j’en passe… Tournez le à votre guise, mais retenez le GOD : Généralisation, Omission, Distorsion !

 

 

Le mot de la fin

Eviter ces trois erreurs ne va pas faire de vous un orateur de génie, mais cela va grandement affecter la qualité de vos échanges, croyez-moi. Dans une certaine mesure, c’est également excellent pour l’ouverture d’esprit de prendre du recul sur ces trois thématiques et de se rendre compte de l’utilisation que l’on en fait.

Cet article sera la base d’un projet plus ambitieux pour faire de vous de meilleurs communicants. Pour cela, je travaille actuellement sur une série d’articles qui aura pour thème l’écoute et les postures de communications (en résumé).

Dans mon prochain post, nous verrons comment améliorer son écoute active, avec un contenu accessible à tous niveaux. Dans le suivant, nous étudierons des outils plus avancés pour « calibrer » nos interlocuteurs et améliorer sa posture de communication. Il y aura sans doute un petit bonus en complément, mais je ne vais pas dévoiler toutes les surprises trop vite 😉

 

NB : Au milieu de tout cela, je souhaitais remercier Mr. Steve Abd Al Karim, formateur en développement personnel et communication, qui me forme actuellement à travers son programme « Booster d’Excellence », dans lequel j’ai investi il y a deux mois de cela et qui me RÉGALE de contenu, d’outils, d’inspiration et d’énergie positive. Un grand merci Steve !

 

J’espère que cette lecture vous aura inspiré. Vous pourrez peut-être remballer votre oncle raciste à Noël avec beaucoup de sérénité à présent !

Je vous souhaite de bonnes fêtes à tous et un excellent début d’année 2019 !

A bientôt,

Benjamin Taral – Le bossu

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2 replies on “ Les trois erreurs à éviter en communication interpersonnelle ”
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